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Nouveaux résultats du projet BioNutriNet, publiés dans la revue American Journal of Clinical Nutrition

Une approche épidémiologique multi-critères, menée dans le cadre du projet BioNutriNet,a croisé le niveau de bio dans l’alimentation avec différents indicateurs de la durabilité. Elle montre que le régime alimentaire des grands consommateurs de bio est dans son ensemble plus sain au plan nutritionnel, globalement moins impactant pour l’environnement, réduit l’exposition aux pesticides de synthèse mais coûte plus cher à l’achat.

Interview avec Emmanuelle Kesse-Guyot, directrice de recherche à l’INRA, équipe du centre de recherche en épidémiologie et statistiques Sorbonne Paris Cité, équipe de recherche en épidémiologie nutritionnelle (EREN, UFR Santé, Médecine et Biologie Humaine, université Paris 13).

Les résultats de votre étude « BioNutriNet » sont publiés le 15 avril 2019 dans la revue American Journal of Clinical Nutrition. Que devons-nous en retenir ?

Nous avons souhaité dans ce travail savoir distinguer différents effets de l’alimentation. En effet l’alimentation comporte beaucoup de caractéristiques : groupes d’aliments différents, mode de production (bio ou non) différents, local etc. Très peu d’études considèrent ces différentes dimensions. Aussi, ces résultats issus d’un grand échantillon suggèrent que les grands consommateurs de bio consomment beaucoup plus de produits végétaux (fruits, légumes, céréales etc.) et moins de produits animaux (viande, poissons, produits laitiers etc.) que les petits consommateurs de bio. Ainsi les grands mangeurs de bio, grands mangeurs de fruits et légumes, ont globalement une alimentation de meilleure qualité nutritionnelle : plus riche en vitamines, certains minéraux et en fibres.

Cela a des conséquences en termes de durabilité (contaminants, impacts environnementaux et économiques) dans un contexte d’urgence de préservation de l’environnement et des ressources naturelles.

Concrètement, quelles différences avez-vous observé entre les non consommateurs et les grands consommateurs de bio ?

Le régime des grands consommateurs de bio réduit de façon importante les émissions de gaz à effet de serre dans un contexte alarmant de changement climatique. Ce régime réduit également la demande en énergie et l’occupation des terres mais ces 3 éléments sont liés à la végétalisation de leur alimentation. Le fait que ce soit des aliments “bio” augmente l’occupation des terres en raison de plus faibles rendement.

On remarque également que les grands consommateurs de bio, alors qu’ils consomment beaucoup de produits végétaux, ont au global une diminution de 40% de l’exposition par l’alimentation aux résidus de pesticides. Il nous faudra étudier si cela peut avoir un lien avec la santé.

Enfin le régime des consommateurs de bio est plus cher en raison du coût d’achat de ces produits malgré une consommation moindre de viande.

Pour parvenir à ces résultats, comment l’EREN a-t-elle mené son projet de recherche ?

Afin de répondre à ces questions, nous avons collecté dans l’étude NutriNet-Santé des données précises sur l’alimentation des participants et en particulier sur les aliments bio ou non. Nous avons travaillé pendant 5 ans dans le cadre du projet BioNutriNet financé par l’Agence Nationale de la Recherche avec des économistes, des toxicologues, des nutritionnistes, des agronomes afin de partager nos expertises et ainsi de jumeler nos données de consommation avec des données d’autres natures (prix, impacts environnementaux, données de contamination des aliments).

> Cliquez ici pour voir le communiqué de presse

Dernière modification lemardi, 23 avril 2019 11:50

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